Lors des Six Nations de cette année, l’ancien joueur et entraîneur Paul Pook s’est lancé un défi marquant : réaliser un plaquage pour chaque point inscrit dans le tournoi. Armé d’un sac de plaquage de Gilbert Rugby et affrontant la mer glacée, Pook réalise chaque plaquage au nom de Tackle Suicide afin de sensibiliser au bien-être des joueurs et à la santé mentale dans le rugby.
Au cœur de la campagne se trouve l’une des compétences les plus fondamentales du rugby. En associant chaque point inscrit lors des Six Nations à un plaquage physique, il a créé une manière simple mais visible d’attirer l’attention sur un problème grave, en utilisant le langage et les outils du rugby pour ouvrir un débat plus large.
Un sac de plaquage est un équipement présent dans les clubs de tout le pays, utilisé chaque semaine par des joueurs de tous âges. L’emmener dans la mer a ajouté une dimension d’inconfort physique qui reflète la rudesse souvent associée à ce sport, tout en conservant un message fermement ancré dans le rugby.
1. D’où est venue cette idée ?
Tackle Suicide a été lancé il y a six mois en tant qu’initiative de défense du bien-être des joueurs. Les recherches montrent que les joueurs de rugby, et les sportifs en général, peuvent être plus vulnérables à la dépression et à l’anxiété, en particulier après leur carrière.
L’idée derrière ce défi est née d’une comparaison saisissante. Le nombre moyen de points inscrits sur une journée de rencontres des Six Nations correspond étroitement au nombre de suicides enregistrés chaque semaine au Royaume-Uni. Pour Pook, ce chiffre était impossible à ignorer. Lorsqu’il a réfléchi à la manière de sensibiliser le public, Paul voulait quelque chose qui soit indéniablement lié au rugby.
La campagne s’appelle Tackle Suicide, alors le sac de plaquage s’est imposé comme une évidence : il est utilisé chaque jour dans les clubs de tout le pays. Il est reconnaissable. C’est le rugby.
2. Qu’est-ce qui vous motive à continuer à vous dépasser ?
La principale source de motivation de Paul vient de la possibilité de partager son expérience personnelle et de montrer l’exemple. Le sport lui a apporté confiance en lui, amitiés durables et parcours professionnel, du jeu à l’entraînement.
Tackle Suicide, et plus particulièrement le défi des Six Nations, vise à renforcer les valeurs qui rendent le rugby si particulier tout en encourageant une plus grande sensibilisation au bien-être des joueurs. De plus, savoir que chaque plaquage représente aussi une vie perdue par suicide constitue une motivation suffisante.
3. Vous avez connu le rugby en tant que joueur et entraîneur : en quoi votre regard sur ce sport a-t-il changé ?
La vision de Pook est façonnée par plus de vingt ans passés dans ce sport. Ayant joué et entraîné au niveau professionnel, notamment au sein de l’équipe d’entraîneurs victorieuse du Grand Chelem en 2009, le bien-être des joueurs est depuis longtemps au cœur de son approche.
Tout au long de sa carrière d’entraîneur, la gestion de la charge de travail et l’optimisation de l’énergie des joueurs ont été des priorités essentielles. Performance et bien-être n’ont jamais été considérés séparément ; veiller à ce que les joueurs puissent s’entraîner, participer aux matchs et récupérer efficacement était fondamental pour réussir sur le long terme.
Cette même philosophie sous-tend Tackle Suicide. L’initiative est soutenue par un conseil réunissant des compétences en psychothérapie, en recherche, en expérience vécue, en affaires et en finance, ainsi que par des ambassadeurs comme Sir John Kirwan, Nigel Owens, Rocky Clark et Keith Wood.
4. Que peut apporter le rugby aux gens ?
Le rugby consiste à être lié à ses coéquipiers et à jouer les uns pour les autres. La camaraderie née des défis partagés est l’une des grandes forces de ce sport.
Ce sentiment d’appartenance est particulièrement puissant au niveau amateur. Pour de nombreux joueurs, le rugby est un moyen de créer des liens avec les autres. Il apporte un cadre, des amitiés et un réseau qui peuvent durer des décennies.
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5. Quels conseils donneriez-vous pour réussir un grand plaquage, physiquement et mentalement ?
Sur le plan technique, un bon plaquage repose sur l’engagement et la précision : accélérer vers le contact, viser correctement, rester bas et pousser à travers l’impact. Mentalement, il exige concentration, courage et confiance envers les personnes qui nous entourent.
6. Quel message adresseriez-vous aux jeunes joueurs qui débutent aujourd’hui le rugby ?
Au rugby, la communication est constante, qu’il s’agisse d’organiser une ligne défensive ou de perfectionner une phase arrêtée. Faire preuve de la même attention en dehors du terrain est tout aussi important. Prendre des nouvelles, poser des questions et rester attentif aux changements chez les personnes qui nous entourent sont de petites actions qui reflètent les valeurs fondamentales du jeu.
Pour les jeunes joueurs qui découvrent ce sport, le message est simple : adoptez la camaraderie. Travaillez dur vos compétences et vos performances, mais mettez la même coopération et la même communication au service du soutien mutuel.
7. Comment peut-on apporter son soutien ?
À l’approche de la troisième journée, Paul a réalisé environ 300 plaquages, un pour chaque point inscrit, et pour chaque essai, ce plaquage est effectué dans une eau glacée.
Alors que le tournoi se poursuit et que d’autres plaquages sont encore à venir, les personnes souhaitant soutenir l’initiative peuvent obtenir plus d’informations et faire un don via sa page JustGiving, où les fonds récoltés contribuent à la défense du bien-être des joueurs, à la recherche et au soutien du rugby amateur.
Chez Gilbert Rugby, nous sommes fiers de jouer un petit rôle dans une campagne qui relie l’action physique du plaquage aux principes plus profonds du jeu : résilience, courage et attention portée à son équipe.
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